Don’t Nod frappe encore : nouveaux licenciements au studio montréalais malgré les bonnes ventes de Lost Records

Le studio français Don’t Nod, déjà fragilisé par une crise majeure depuis 2024, vient d’annoncer une nouvelle vague de licenciements dans son antenne de Montréal. Ces suppressions d’emplois interviennent paradoxalement alors que leur dernier jeu, Lost Records: Bloom & Rage, a enregistré des ventes conformes aux attentes du studio.

Une nouvelle saignée dans l’équipe montréalaise

Selon les informations rapportées par Gamekult et révélées sur les réseaux sociaux, plusieurs employés clés de Don’t Nod Montréal ont annoncé leur départ forcé ces dernières heures. Parmi les victimes de cette nouvelle vague de licenciements, on compte notamment :

  • Mary Pouliot, artiste cinématique principal sur Lost Records: Bloom & Rage, qui avait joué un rôle déterminant dans le casting d’Olivia Lepore pour le personnage de Swann Holloway
  • Laurent Dufrense, artiste technique
  • Sandra Comier, membre du département assurance qualité

Le départ de Mary Pouliot est particulièrement symbolique : Don’t Nod Montréal ne dispose désormais plus d’aucun artiste cinématique en interne, révélant l’ampleur des coupes effectuées dans l’équipe créative.

Un contexte de crise persistante

Ces nouveaux licenciements s’inscrivent dans la continuité d’une période noire pour Don’t Nod, qui traverse l’une des crises les plus sévères de son histoire. Le studio avait déjà initié un plan de restructuration majeur en octobre 2024, prévoyant initialement la suppression de 69 postes en France, soit 29% des effectifs parisiens.

À lire aussi  Ce que cache le créateur d'Escape from Tarkov depuis trois semaines vient d'être révélé

Cette première vague de licenciements avait provoqué un mouvement de grève historique de la part des employés, soutenus par le Syndicat des Travailleurs et Travailleuses du Jeu Vidéo (STJV). Grâce à cette mobilisation et aux 17 000 euros de dons récoltés, les employés avaient réussi à négocier un accord en février 2025, permettant de sauver quelques emplois et d’obtenir de meilleures conditions de départ.

Les causes profondes des difficultés

Les problèmes financiers de Don’t Nod trouvent leur origine dans les contre-performances commerciales de plusieurs de leurs productions récentes, notamment Jusant et Banishers: Ghosts of New Eden. Ces échecs ont entraîné une chute dramatique du cours de bourse du studio, contraignant la direction à suspendre temporairement la cotation de l’action.

La situation s’est encore compliquée avec le départ du directeur narratif du studio, signe des tensions internes et des remaniements en cours. Malgré ces turbulences, Don’t Nod avait maintenu le développement de Lost Records: Bloom & Rage, espérant que ce projet pourrait redresser la situation financière.

Des résultats insuffisants malgré les attentes

Ironiquement, Lost Records: Bloom & Rage a effectivement répondu aux prévisions de ventes du studio. Cependant, ces résultats « conformes aux attentes » se révèlent insuffisants pour stabiliser durablement la situation de Don’t Nod. Le jeu, bien qu’ayant trouvé son public, n’a pas généré le succès commercial nécessaire pour éviter cette nouvelle série de suppressions d’emplois.

Cette situation illustre parfaitement les défis auxquels font face les studios de taille moyenne dans l’industrie du jeu vidéo actuelle, où même des performances correctes ne suffisent plus à garantir la pérennité des équipes.

À lire aussi  La tour vous attendait depuis trop longtemps : Slay the Spire 2 a enfin une date

L’industrie du jeu vidéo en crise

Don’t Nod n’est malheureusement pas un cas isolé. L’industrie du jeu vidéo connaît une année 2024-2025 particulièrement difficile, avec plus de 13 000 licenciements recensés depuis le début de l’année. Cette crise généralisée touche aussi bien les grands éditeurs que les studios indépendants, conséquence de difficultés à trouver des financements et d’une concurrence accrue sur le marché.

Quel avenir pour Don’t Nod ?

Le studio mise désormais sur son prochain projet, Aphelion, récemment annoncé. Ce nouveau jeu sera déterminant pour l’avenir de l’entreprise et devra impérativement dépasser les simples « attentes conformes » pour permettre une stabilisation durable.

Cependant, ces nouveaux licenciements chez Don’t Nod Montréal soulèvent des questions sur la capacité du studio à maintenir ses équipes créatives intactes. La perte d’expertise, notamment dans le domaine de l’art cinématique, pourrait impacter la qualité des futurs projets et compromettre les chances de redressement.

Le bras de fer entre la direction menée par Oskar Guilbert et Julie Chalmette et les employés semble loin d’être terminé. Ces nouvelles suppressions d’emplois risquent de raviver les tensions sociales au sein du studio et de relancer la mobilisation syndicale.

Pour Don’t Nod, studio français reconnu pour des titres comme Life is Strange, Remember Me ou Vampyr, l’heure est plus que jamais à la survie. Reste à voir si Aphelion saura inverser la tendance et permettre au studio de retrouver une stabilité financière suffisante pour préserver ses équipes et sa créativité.

D’autres actualités

Partager cet article
Aucun commentaire