God of War Laufey : Santa Monica Studio a-t-il trahi la licence ou l’a-t-il sauvée ?

Le 2 juin 2026, Sony ouvrait son State of Play avec Marvel’s Wolverine, mais c’est bien la bombe lâchée en fin d’émission qui a enflammé les discussions : God of War Laufey, prochain épisode principal de la franchise de Santa Monica Studio, a été révélé avec pas moins de 20 minutes de gameplay. Et autant le dire tout de suite, ce n’est pas tout à fait le God of War que vous attendiez.


Faye sort de sa tombe et prend les commandes

Depuis le reboot de 2018, Laufey, surnommée Faye, est l’absente qui structure tout. Épouse de Kratos, mère d’Atreus, son influence plane sur les deux épisodes nordiques sans qu’on l’ait jamais vue combattre de nos propres yeux. Santa Monica Studio a décidé de corriger ça d’une manière radicale : Faye est désormais le personnage jouable principal, et Kratos est relégué à quelques apparitions furtives.

Le point de départ du jeu s’ancre directement dans la scène d’ouverture de God of War 2018, celle des funérailles de Faye sur son bûcher. La question posée par Cory Barlog est simple : que se passe-t-il après la mort ? La réponse donnée par la game director Ariel Lawrence s’appelle l’Everwhen, un au-delà des dieux où coexistent, pas toujours pacifiquement, des divinités issues de plusieurs mythologies. Nordique, bien sûr, mais aussi égyptienne avec Sekhmet, et bouddhiste avec Begtse, un guerrier divin qui sert de boss lors de la séquence de clôture du trailer.

Cory Barlog a tenu à préciser une chose importante lors de l’interview publiée dans la foulée de la révélation : « Ce n’est pas un préquel. C’est une continuation de la chronologie, directement au début de God of War 2018. » Pour ceux qui s’inquiétaient d’un spin-off opportuniste déconnecté de la saga principale, la réassurance est là. Il s’agit bien d’un épisode principal de la licence, pas d’une parenthèse.


Un cast surprenant : une actrice de Daredevil et un cube de gelée

Deborah Ann Woll, connue pour son rôle de Karen Page dans les séries Daredevil et The Punisher de Marvel/Netflix, prête sa voix et sa performance à Faye. Un choix fort, qui ancre le personnage dans quelque chose de concret et d’incarné, loin d’une protagoniste générique.

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Mais le casting réserve une autre surprise, plus improbable : Phranque, doublé par Jack Quaid (tout droit sorti de The Boys), est un cube de gelée semi-conscient qui accompagne Faye dans son périple. Oui, vous avez bien lu. Un cube. La référence assumée au Cube Gélatineux de Donjons et Dragons n’a pas tardé à faire réagir les fans sur les réseaux, et il semblerait que l’objectif déclaré d’Ariel Lawrence, espérer que les joueurs aient « des sentiments pour des rubans et un cube de gelée », soit déjà en bonne voie d’être atteint.

Rue, le troisième membre du trio, est incarnée par Perlina Lau. Il s’agit d’un ruban enchanté lié à l’épée que Faye récupère, une arme dont la lame se brise contre l’armure d’un adversaire dès les premières minutes de gameplay, forçant l’héroïne à trouver une autre solution. Ce compagnon remplit fonctionnellement le rôle qu’occupait Atreus dans les deux épisodes précédents : un allié de combat et une voix narrative à portée d’oreille.


Le gameplay : God of War ou Devil May Cry ?

C’est là que ça devient vraiment intéressant, et que la question posée dans le titre de cet article prend tout son sens. Le système de combat de God of War Laufey est radicalement différent de celui des épisodes signés Kratos.

Là où le Fantôme de Sparte incarnait une puissance brute, lourde, sismique, Faye est décrite par les développeurs comme une tempête. Le gameplay confirme ce mot : elle enchaîne les combos aériens, peut se déplacer entre le sol et les airs sans interruption de l’action, manipule les âmes ennemies grâce à la magie dorée, et ses enchaînements frôlent la vitesse d’un beat’em-all de style japonais.

La comparaison avec Devil May Cry 5 a été soulevée par de nombreux observateurs, et elle n’est pas anodine. La saga de Capcom représentait justement la référence ultime du genre action stylisé avant que God of War ne prenne un tout autre chemin avec son reboot de 2018, en optant pour une caméra rapprochée, un rythme plus posé et des combats plus tactiques. Avec Laufey, Santa Monica Studio semble vouloir réconcilier l’ADN acrobatique des premiers God of War grecs, ceux qui tiraient déjà vers le hack and slash dynamique, avec la profondeur narrative et relationnelle de l’ère nordique.

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Grace Orlady, directrice des communications du studio, a décrit le style de Faye autour d’un concept central : « construire et maintenir l’élan ». Les combos doivent être entretenus, le mouvement ne doit pas être interrompu. C’est une philosophie de jeu opposée à l’approche « position, esquive, frappe lourde » qui caractérisait Kratos dans God of War 2018 et Ragnarök.

Est-ce que ça fonctionne ? Sur les 20 minutes montrées, ça a l’air très prometteur, mais il faut rester prudent. La démo présentée est manifestement issue d’une portion relativement précoce du jeu, et les combos aériens visibles restent encore limités. La richesse du système d’arsenal-swapping de Ragnarök, qui permettait des enchaînements dévastateurs entre la Lame du Chaos et la Hache Léviathan, demande à être évaluée sur la durée. Si Faye ne bénéficie à terme que d’une seule arme, la comparaison flatteuse avec DMC pourrait s’essouffler assez vite.


Une mythologie élargie qui change tout

God of War Laufey marque une rupture géographique et thématique importante : on quitte la cosmologie nordique pour explorer un au-delà partagé entre plusieurs panthéons. Ce choix ouvre des possibilités narratives immenses pour la franchise, mais soulève aussi une question légitime : est-ce qu’on reste dans le même univers émotionnel qui avait rendu le reboot de 2018 et Ragnarök aussi marquants ?

L’un des points forts de la duologie nordique était précisément son ancrage dans des textes connus, sa façon de jouer avec les codes d’une mythologie balisée. Passer à un « au-delà interstitiel » où des dieux de toutes origines se côtoient, c’est prendre le risque du fourre-tout. C’est aussi, potentiellement, la voie d’une liberté créative totale que Santa Monica Studio n’avait jamais eue.


Cory Barlog en retrait, Ariel Lawrence aux commandes

Contrairement à ce qu’attendaient beaucoup de fans, Cory Barlog ne dirige pas ce jeu. Il a été nommé Head of Creative de Santa Monica Studio, un rôle de supervision globale de la franchise, laissant le siège de game director à Ariel Lawrence pour God of War Laufey.

Barlog a été clair sur un point que les fans de Kratos redoutaient : « Il y aura toujours des jeux Kratos dans toute l’histoire de la franchise. » Ariel Lawrence a confirmé dans la même interview. God of War Laufey n’est donc pas une exécution de l’ancien dieu de la guerre, mais une expansion du périmètre de la licence. Ce qui reste à démontrer, c’est si le public suivra aussi bien Faye qu’il a suivi Kratos.

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Date de sortie et plateformes : patience requise

God of War Laufey est exclusif à la PlayStation 5, au moins dans un premier temps. Sony n’a pas communiqué de date de sortie lors de l’annonce, ni de fenêtre de lancement. Compte tenu des précédents de la franchise, une sortie sur PC reste probable à terme, mais n’a pas été confirmée.

Jason Schreier de Bloomberg a toutefois tempéré les inquiétudes dès le 3 juin 2026, en indiquant que le jeu ne serait « pas à des années » de sa sortie. La fenêtre 2027 est régulièrement évoquée dans les couloirs, sans validation officielle.


Notre avis

Difficile de ne pas ressentir un léger vertige devant cette annonce. God of War Laufey ressemble à la prise de risque la plus ambitieuse de Santa Monica Studio depuis le reboot de 2018 lui-même. Remplacer Kratos, piller les mythologies du monde entier pour construire un au-delà syncrétique, et transformer en profondeur le système de combat pour quelque chose de plus aérien et acrobatique : c’est un triple pari.

Sur la forme, le résultat visuel est époustouflant, à la hauteur de ce qu’on attend d’un studio de ce calibre sur PS5. La performance de Deborah Ann Woll semble habiter le personnage d’une façon que les flashbacks et les mentions de Faye dans les précédents épisodes ne laissaient pas forcément espérer.

Sur le fond, la vraie question reste entière : est-ce que ce God of War sans Kratos, avec un gameplay qui cite explicitement Devil May Cry, et une mythology mash-up assumée, sera encore capable de provoquer l’émotion brute qui rendait les scènes père-fils de la duologie nordique aussi déchirantes ? C’est ça, l’héritage de Faye. Et c’est exactement ce qu’il va falloir prouver.

On réserve notre jugement pour la manette en main. Mais on est déjà très curieux.


Vous avez suivi le State of Play de juin 2026 ? Qu’avez-vous pensé de la révélation de God of War Laufey ? Faye vous convainc-t-elle comme héroïne principale, ou êtes-vous déjà en train de compter les jours avant le retour de Kratos ? Dites-le en commentaire et partagez l’article si le sujet vous passionne.

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