Une affaire d’americana et de satire
Dans le paysage vidéoludique, la série Grand Theft Auto (GTA) est synonyme de recréations tentaculaires des métropoles américaines : Liberty City pour New York, Vice City pour Miami, Los Santos pour Los Angeles. Malgré près de 30 ans d’existence, la franchise, à une seule exception près, n’a jamais franchi les frontières des États-Unis.
Interrogé récemment, Dan Houser, cofondateur de Rockstar Games et figure de proue derrière les récits des cinq premiers GTA ainsi que des jeux Red Dead Redemption (il a quitté l’entreprise en 2020), a mis fin au mystère. Selon lui, il y a une raison bien précise qui rend les États-Unis indispensables à l’ADN du jeu : « Guns » (les armes).
Houser a expliqué que si d’autres pays possèdent de grandes villes, elles ne peuvent pas servir de décor à GTA de la même manière que les villes américaines. Il a notamment approuvé l’idée que le mélange de « surface brillante et de monde souterrain sombre » de Miami en faisait une cible idéale pour la satire de la culture américaine.
« Pour un jeu GTA complet, nous avons toujours décidé qu’il y avait tellement d’Americana inhérent à la propriété intellectuelle, qu’il serait vraiment difficile de le faire fonctionner à Londres ou ailleurs, » a-t-il déclaré, soulignant que l’IP est fondamentalement une exploration de l’Amérique, potentiellement vue d’un œil extérieur.
Le rôle central de la culture des armes
Le mot clé « armes » est essentiel. La culture des armes est une caractéristique unique des États-Unis et elle permet un type de gameplay qui serait difficilement justifiable ou crédible ailleurs.
Mais au-delà de la mécanique de jeu, GTA tire sa sève de la pop culture américaine elle-même. La série est bâtie sur la caricature de ces clichés. Selon Houser, les États-Unis offrent une source d’inspiration inépuisable pour le spectacle « violent et stupide » projeté sur l’écran métaphorique d’un Jumbotron. En clair, l’excès et le caractère « larger-than-life » des personnages et des thématiques inhérentes à la société américaine sont la matière première du jeu.
L’exception qui confirme la règle : GTA London 1969
L’unique fois où Grand Theft Auto a quitté le sol américain remonte à 1999 avec GTA London 1969, une extension pour le Grand Theft Auto original.
Houser a décrit cette extension comme « assez mignonne et amusante », mais a clairement indiqué qu’il n’y avait, même à l’époque, aucun intérêt à transformer cette escapade internationale en un jeu Grand Theft Auto principal et autonome. Le cœur du concept, l’Americana, était déjà considéré comme trop important pour être délocalisé durablement.
Même si Dan Houser n’est plus chez Rockstar Games pour l’écriture de GTA 6, le fait que le jeu revienne à Vice City, la version fictive de Miami, confirme que cette règle d’or établie par les cofondateurs de la série demeure le moteur créatif de la franchise.

