- Chapitre 1 : Le nouveau front – L’offensive Européenne (Fin Octobre 2025)
- Chapitre 2 : L’Historique – Anatomie d’une Guerre (2023-2025)
- 1. L’Accusation Initiale (Juin 2023)
- 2. La première victoire de Ravensburger (Août 2023)
- 3. Le coup de grâce américain (Octobre 2025)
- 4. L’épilogue américain (Fin Octobre 2025)
- Chapitre 3 : Analyse – Quels risques pour nous, joueurs européens ?
- Conclusion : La saga continue
Amis Illumineurs et Illumineuses, vous pensiez la grande saga judiciaire de Lorcana terminée ? Vous pensiez que la victoire écrasante de Ravensburger aux États-Unis en octobre 2025 avait mis un point final à cette histoire ? Détrompez-vous. Tel un mauvais Balthazar, le conflit renaît de ses cendres.
À peine l’encre du jugement américain sèche-t-elle qu’Upper Deck ouvre un tout nouveau front judiciaire, cette fois sur notre sol : en Europe.
Chapitre 1 : Le nouveau front – L’offensive Européenne (Fin Octobre 2025)
C’est le rebondissement que personne n’attendait. Alors que Ravensburger célébrait sa victoire aux USA, Upper Deck a confirmé avoir lancé une nouvelle procédure en Europe. Une première plainte a déjà été déposée aux Pays-Bas, et ce n’est probablement que le début.
Mais pourquoi changer de continent ? La raison est stratégique.
Après avoir échoué à prouver la violation de droits d’auteur aux États-Unis, Upper Deck change complètement son fusil d’épaule. Fini les accusations sur les mécaniques de jeu, place aux secrets commerciaux et à la concurrence déloyale.
Le président d’Upper Deck, Jason Masherah, l’a dit lui-même : ils estiment que « la loi [en Europe] offre des protections plus fortes pour la propriété intellectuelle ». En clair, ils pensent que là où la justice américaine a vu de simples « idées non protégeables », la justice européenne verra un « vol de secrets commerciaux » caractérisé.
L’objectif d’Upper Deck est le même : obtenir une injonction pour suspendre la vente de Disney Lorcana sur tout le marché européen.
Chapitre 2 : L’Historique – Anatomie d’une Guerre (2023-2025)
Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut remonter le temps. Voici l’historique complet de « l’affaire Lorcana« .
1. L’Accusation Initiale (Juin 2023)
À la veille du lancement mondial très attendu de Lorcana à la Gen Con, la bombe éclate. Upper Deck (ancien éditeur de Yu-Gi-Oh!, Marvel Legendary) dépose une plainte en Californie contre Ravensburger et un de ses employés-clés, Ryan Miller.
L’accusation ? Upper Deck affirme que Lorcana n’est rien de moins qu’un « clone volé ».
Selon la plainte, Ryan Miller, avant d’être embauché par Ravensburger, travaillait chez Upper Deck sur un projet de JCC (Jeu de Cartes à Collectionner) secret nommé « Rush of Ikorr ». Upper Deck accuse Miller d’avoir emporté ce jeu « dans sa tête » (et potentiellement sur ses disques durs) chez Ravensburger, qui s’en serait servi comme base pour créer Lorcana.
Les demandes d’Upper Deck sont sismiques : l’arrêt immédiat de la production et de la vente de Lorcana et des dommages-intérêts colossaux.
2. La première victoire de Ravensburger (Août 2023)
Le monde du jeu retient son souffle. Lorcana va-t-il être annulé avant même sa sortie ?
En août 2023, la justice américaine rend une première décision cruciale : elle rejette la demande d’injonction d’Upper Deck. Le juge estime qu’Upper Deck n’a pas suffisamment prouvé qu’il subirait un « préjudice irréparable » et que les preuves de « vol » ne sont pas assez solides pour justifier l’arrêt d’un lancement mondial.
Lorcana est lancé comme prévu et devient le phénomène que l’on connaît. Mais le procès sur le fond, lui, continue.
3. Le coup de grâce américain (Octobre 2025)
Pendant deux ans, l’affaire a suivi son cours. Puis, début octobre 2025, la juge fédérale Kymberly Evanson, à Seattle, rend son verdict final sur le cœur de l’affaire : les droits d’auteur.
C’est une victoire totale pour Ravensburger.
La juge rejette toutes les plaintes d’Upper Deck relatives à la violation du droit d’auteur. Sa justification est un classique du droit du jeu : on ne peut pas protéger par copyright des mécaniques de jeu.
Le tribunal a conclu que les similarités (s’il y en avait) relevaient « d’idées » et de « concepts » communs à tous les JCC, et non « d’une expression créative » unique qui aurait été copiée. En gros : avoir des points de vie, un coût pour jouer des cartes et une pioche, ce n’est pas protégeable.
4. L’épilogue américain (Fin Octobre 2025)
Après cette défaite majeure, il ne restait à Upper Deck qu’une seule cartouche aux USA : une plainte pour « rupture de contrat » visant personnellement Ryan Miller.
Plutôt que de s’engager dans un nouveau procès long et coûteux (et désormais sans grand intérêt), les parties ont trouvé un accord à l’amiable fin octobre 2025. Ravensburger (qui payait pour Miller) a versé la somme, presque symbolique, de 39 000 dollars à Upper Deck pour clore définitivement le chapitre américain.
On pensait l’affaire enterrée… jusqu’à l’annonce de la nouvelle plainte en Europe.
Chapitre 3 : Analyse – Quels risques pour nous, joueurs européens ?
Cette nouvelle stratégie d’Upper Deck en Europe est-elle dangereuse ?
- Oui, sur le papier. Si un tribunal européen (par exemple, aux Pays-Bas) donnait raison à Upper Deck sur la question des « secrets commerciaux » et accordait une injonction, les ventes de Lorcana pourraient être effectivement suspendues en Europe. Ce serait un coup de tonnerre pour les joueurs et les boutiques.
- Non, probablement. La victoire de Ravensburger aux USA, bien que basée sur le droit américain, crée un précédent moral fort. Ravensburger a prouvé que Lorcana était en développement bien avant l’implication de Miller et que les similarités étaient minimes. Il est peu probable qu’un tribunal européen, même avec des lois différentes, arrive à une conclusion diamétralement opposée sur les faits.
Conclusion : La saga continue
Le succès de Lorcana a fait de lui une cible. Après avoir échoué à l’arrêter sur le terrain du copyright américain, Upper Deck tente désormais de l’attaquer sur le terrain des secrets commerciaux européens.
Pour les joueurs, pas de panique immédiate : les boosters du set 8, « La Nuit des Merveilles » (simple supposition !), sont toujours prévus et les cartes restent jouables. Mais cette saga judiciaire est loin d’être terminée. C’est une bataille de titans qui se joue autant dans les tribunaux que sur nos tables de jeu.
Et vous, que pensez-vous de cette nouvelle offensive d’Upper Deck ?

