Le succès mondial de la Switch 2 cache une réalité plus nuancée. Lors de sa récente réunion avec les actionnaires suite à la publication de ses résultats financiers, Nintendo a confirmé une situation contrastée selon les territoires. Si la console hybride affiche des chiffres globaux impressionnants avec 17,37 millions d’unités vendues depuis son lancement en juin 2025, le constructeur japonais a reconnu que les performances varient considérablement d’une région à l’autre.
Des ventes en demi-teinte pendant les fêtes de fin d’année
Shuntaro Furukawa, PDG de Nintendo, a admis sans détour que « les ventes à l’étranger ont été légèrement inférieures » aux attentes de l’entreprise durant le dernier trimestre de 2025. Cette période, cruciale pour l’industrie du jeu vidéo, correspond aux fêtes de fin d’année où les ventes de consoles explosent traditionnellement.
En Europe et aux États-Unis, la Switch 2 n’a pas réussi à reproduire l’engouement spectaculaire de sa grande sœur lors de ses premières fêtes de Noël. Les données de vente au détail dans plusieurs pays occidentaux, dont la France, ont montré un léger essoufflement par rapport à la Switch première génération qui avait pulvérisé tous les records à l’époque.
Cette contre-performance relative est d’autant plus surprenante que le catalogue de lancement de la Switch 2 semblait solide, avec notamment Mario Kart World qui s’est écoulé à 14,03 millions d’exemplaires et Pokémon Legends: Z-A qui cumule 12,3 millions de ventes toutes versions confondues.
Le Japon sauve les meubles
Heureusement pour Nintendo, le marché domestique a joué son rôle de bouclier. Les ventes au Japon ont dépassé les prévisions, permettant au constructeur de maintenir son objectif annuel de 19 millions de Switch 2 vendues d’ici la fin de l’année fiscale en mars 2026. Un objectif qui devrait d’ailleurs être dépassé selon les projections internes.
Le président de Nintendo attribue cette performance japonaise à plusieurs facteurs. D’une part, la sortie durant la période des fêtes de titres comme Pokémon Legends: Z-A Nintendo Switch 2 Edition et Kirby Air Riders a stimulé les ventes. D’autre part, le taux de migration des possesseurs de Switch vers la nouvelle génération a été relativement plus important au Japon qu’ailleurs dans le monde.
Cette situation géographique contrastée soulève des questions stratégiques pour Nintendo. Comment maintenir la dynamique sur les marchés occidentaux tout en capitalisant sur le succès japonais ? Le constructeur mise sur un renforcement constant de son catalogue de jeux pour y parvenir, avec notamment Mario Tennis Fever prévu en février et Pokémon Pokopia en mars.
La menace d’une hausse de prix plane
Au-delà des performances commerciales, une autre préoccupation occupe les esprits chez Nintendo et ses actionnaires : l’évolution du prix de la Switch 2. Dans un contexte économique tendu marqué par l’explosion des coûts des composants électroniques, la question d’une augmentation tarifaire revient régulièrement sur le tapis.
Shuntaro Furukawa a apporté des précisions importantes lors de la réunion. Pour l’instant, la hausse spectaculaire du prix de la RAM n’a pas impacté négativement la rentabilité de Nintendo sur le dernier trimestre. Le constructeur a en effet sécurisé ses approvisionnements en composants dans le cadre de son plan d’affaires à moyen et long terme, ce qui lui offre un sursis temporaire.
« La hausse des composants comme la RAM n’a pas impacté négativement la rentabilité de Nintendo sur ce dernier trimestre, c’est pourquoi aucune hausse de prix n’est à prévoir pour le moment », a déclaré le PDG, tout en restant prudent sur l’avenir.
Une décision globale qui dépendra de multiples facteurs
Interrogé directement sur une éventuelle augmentation de prix future, Furukawa a botté en touche avec une réponse qui laisse toutes les portes ouvertes. Selon ses propos rapportés par VGC, « les changements de prix seront déterminés de manière globale, en tenant compte non seulement de la rentabilité, mais aussi du taux d’adoption de la plateforme, des tendances des ventes et des conditions du marché ».
Cette formulation prudente indique clairement que Nintendo surveille la situation de très près. La crise mondiale de la RAM, dopée par la demande massive des centres de données pour l’intelligence artificielle, a fait flamber les prix des composants mémoire. Les fabricants comme Samsung, Micron et SK Hynix privilégient désormais leurs clients les plus lucratifs, laissant l’industrie du jeu vidéo dans une position délicate.
Le président de Nintendo a d’ailleurs reconnu que si les prix continuent d’augmenter sur une longue période, cela pourrait mettre sous pression les bénéfices à partir du prochain exercice fiscal. Une situation paradoxale pour une console qui se vend comme des petits pains mais dont la rentabilité unitaire pourrait s’effriter.
Les précédents qui inquiètent
L’historique récent de Nintendo montre que le constructeur n’hésite pas à ajuster ses tarifs quand les circonstances économiques l’exigent. À l’automne 2025, l’entreprise a relevé les prix de la Switch première génération aux États-Unis, avec la console standard passant de 299 à 339 dollars, et la version OLED de 349 à 399 dollars.
Cette décision démontre que Nintendo est prêt à prendre des mesures impopulaires si la situation l’impose. Pour la Switch 2, le constructeur précise que les deuxième et troisième années de commercialisation seront très importantes, d’où cette vigilance accrue sur la question tarifaire.
Le géant japonais doit jongler entre plusieurs impératifs contradictoires : maintenir un prix attractif pour accélérer l’adoption de sa nouvelle plateforme, préserver sa rentabilité face à des coûts de production en hausse, et éviter de vendre à perte comme l’entreprise s’y refuse traditionnellement.
Un avenir incertain mais surveillé de près
Malgré ces défis, Nintendo affiche sa confiance. L’immense base installée de la première Switch, devenue récemment la console la plus vendue de l’histoire de Nintendo avec 155,37 millions d’unités écoulées (dépassant ainsi la légendaire Nintendo DS), sert de tremplin solide pour la nouvelle génération.
La firme de Kyoto a d’ailleurs évité ce qu’elle appelle « l’interruption de la relation avec les consommateurs », un défi majeur lors des lancements de consoles précédentes qui suivaient une machine au succès mitigé.
Pour l’avenir immédiat, Nintendo mise sur un renforcement significatif de son catalogue de jeux à partir de 2026, ainsi que sur l’arrivée progressive de titres tiers comme Resident Evil Requiem pour compenser le manque relatif de grosses productions first-party dans les prochains mois.
La question du prix restera probablement en suspens encore quelques temps, le temps que Nintendo évalue précisément l’évolution du marché des composants et la dynamique d’adoption de sa nouvelle console. Les joueurs occidentaux qui hésitent encore feraient peut-être bien de ne pas trop tarder si les signaux économiques continuent de se dégrader.
Que pensez-vous de cette stratégie de Nintendo ? Craignez-vous une hausse de prix prochaine de la Switch 2 ? Partagez votre avis en commentaire et n’hésitez pas à partager cet article pour alimenter le débat !

