- Un live au timing parfait, ou presque
- Ce qu’on sait sur le gameplay
- Assembler son équipe d’edgerunners
- Le système de Légendes : de l’information cachée comme dans un bon RPG
- Les dés « Gig » : la vraie originalité mécanique
- Un marché encombré, mais un projet qui se distingue
- Zero IA, cent pour cent artistes
- La carte Lucy Nova Rare : du fan service bien dosé
- Notre avis
Night City s’invite enfin sur nos tables. Après une annonce fracassante en décembre 2025 qui avait mis le feu à la communauté TCG, CD Projekt Red et WeirdCo ont organisé le 16 mars 2026 un live de révélation sur Twitch et YouTube, à 24 heures seulement du lancement officiel de la campagne Kickstarter. Le message est clair : les deux studios ne voulaient pas laisser les joueurs se jeter sur le financement participatif sans avoir une idée précise de ce qu’ils allaient soutenir. C’est une approche honnête, et elle mérite d’être saluée.
Voici ce qu’on retient de ce live, ce que le jeu promet mécaniquement, et pourquoi ce TCG vaut vraiment la peine d’être suivi de près.
Un live au timing parfait, ou presque
Le choix de programmer ce live la veille du Kickstarter n’est pas anodin. CD Projekt Red maîtrise désormais cet art de la mise en scène communautaire : le studio avait déjà utilisé une stratégie similaire avec The Witcher: Old World, dont la campagne Kickstarter avait été un succès retentissant. Ici, l’idée est d’abord de convaincre, ensuite de convertir.
Le live promettait d’aborder trois grands axes : le design artistique, les mécaniques de jeu et le programme de jeu organisé. Autrement dit, tout ce dont un joueur TCG sérieux a besoin pour décider si un jeu vaut son argent et son temps. C’est le niveau de transparence minimal qu’on est en droit d’exiger avant de sortir la carte bleue pour un Kickstarter, et WeirdCo l’a compris.
Pour rappel, si vous souhaitez en savoir plus sur le contexte général de l’essor des TCGs en France, vous pouvez jeter un oeil à notre article sur le Gala TCG 2026 à Paris, ou encore revenir sur notre première couverture du Cyberpunk TCG lors de son annonce initiale.
Ce qu’on sait sur le gameplay
C’est là que les choses deviennent vraiment intéressantes. Le Cyberpunk TCG n’est pas un simple jeu de cartes sous licence avec un skin Night City plaqué sur des mécaniques generiques. WeirdCo, dont l’équipe compte des vétérans de Marvel Snap, Duel Masters et Universus, a manifestement cherché à injecter quelque chose de propre à l’univers dans le cœur même du système de jeu.
Assembler son équipe d’edgerunners
Le principe de base est séduisant : vous constituez une équipe d’edgerunners en piochant dans les personnages de Cyberpunk 2077 et de la série animée Edgerunners. V, Jackie Welles, Judy Alvarez, Panam Palmer, Adam Smasher, Goro Takemura, Lucy, David, Rebecca… les figures iconiques de la franchise sont toutes présentes ou annoncées.
Les cartes se répartissent en plusieurs catégories bien distinctes. Les cartes Unité représentent les factions et les personnages secondaires. Les cartes Chrome couvrent le cyberware et l’équipement, comme les Mantis Blades ou les Kiroshi Optics, qui peuvent être équipées sur des unités ou des Légendes pour les booster. Et enfin, les cartes Personnage, qui incarnent les grandes figures de la franchise.
Le système de Légendes : de l’information cachée comme dans un bon RPG
La mécanique centrale qui distingue ce TCG repose sur les cartes Légende. Chaque joueur dispose de trois Légendes, placées face cachée dans une zone dédiée. Personne ne sait exactement ce que son adversaire a en main, et même le joueur lui-même ne sait pas immédiatement quelle Légende est laquelle avant de les retourner.
Richard Zapp, responsable du game design chez WeirdCo, l’explique lui-même : ce système d’information cachée est au coeur du plaisir de jeu. Les surprises, les retournements de situation, l’incertitude permanente font partie intégrante de l’expérience. Certaines cartes permettent même de consulter ses propres Légendes sans les révéler, créant ainsi un mini-jeu d’espionnage à l’intérieur du jeu.
Ce principe rappelle à la fois la profondeur des formats Commander de Magic: The Gathering et l’esprit du TCG Riftbound de Riot, avec quelque chose d’indéniablement cyberpunk dans l’idée de ne jamais savoir exactement à qui vous avez affaire.
Les dés « Gig » : la vraie originalité mécanique
C’est l’élément qui différencie le plus franchement le Cyberpunk TCG de la concurrence. À chaque tour, chaque joueur lance un dé « Gig » et le place sur le résultat obtenu. Ces dés s’accumulent au fil des tours et définissent votre Street Cred, une valeur de réputation que certaines cartes exigent d’atteindre pour pouvoir être jouées.
Et voilà la partie vraiment maline : quand vous attaquez votre adversaire, vous lui volez ses dés plutôt que de lui infliger des dégâts directs. L’objectif est d’accumuler six dés pour remporter la partie. Ce système crée une dynamique de push-and-pull permanente, où chaque attaque a du sens bien au-delà de la simple réduction d’une jauge de vie.
Le jeu utilise toute la gamme des dés RPG classiques, du D4 au D20, un clin d’œil évident aux origines jeu de rôle sur table de l’univers Cyberpunk, et une façon élégante d’ancrer le TCG dans quelque chose de plus grand que lui-même. La carte Jackie Welles, par exemple, peut augmenter la valeur d’un dé de 2 points et permettre de piocher une carte si ce dé atteint sa valeur maximale, ce qui ouvre des priorités de jeu très différentes selon la Légende choisie.
Les parties sont également pensées pour être plus courtes que la moyenne des TCGs, ce qui est un vrai avantage pour les nouveaux joueurs ou les formats événementiels.
Un marché encombré, mais un projet qui se distingue
Soyons honnêtes : le marché du TCG physique en 2026 est saturé. Pokémon, Magic: The Gathering, One Piece, Star Wars: Unlimited, Disney Lorcana, Flesh and Blood, et maintenant Riftbound de Riot… La liste des jeux qui se battent pour l’attention et le portefeuille des joueurs est longue. Dans ce contexte, un nouveau TCG sous licence vidéoludique pourrait ressembler à un pari risqué.
Pourtant, WeirdCo semble avoir conscience de ce danger. La décision de passer par Kickstarter n’est pas simplement une question de financement : c’est une stratégie délibérée pour maîtriser l’offre et protéger l’accessibilité. Comme l’explique Zapp, ajuster précisément la production à la demande réelle permet d’éviter deux écueils classiques des lancements TCG : la pénurie qui alimente le scalping, et la surproduction qui dévalue les cartes avant même que le jeu ne trouve sa communauté.
Un premier bilan de playtest en alpha, rapporté par des journalistes ayant eu accès au jeu avant le live, souligne une prise en main rapide et une direction artistique franchement bluffante. Des critiques existent cependant : le système de ressources est jugé un peu lent, et certains testeurs pointent l’absence d’iconographie différenciée pour les couleurs de cartes, ce qui pourrait poser problème aux joueurs daltoniens. Des ajustements sont attendus avant la livraison finale.
La feuille de route de WeirdCo affiche déjà plus de cinq ans de nouvelles mécaniques et thèmes planifiés, ce qui témoigne d’une ambition de long terme. C’est une posture qui rassure : trop de TCGs sous licence ont flotté quelques mois avant de s’éteindre faute de support.
Zero IA, cent pour cent artistes
Un point qui mérite d’être mentionné dans le contexte actuel : WeirdCo s’est engagé publiquement à n’utiliser aucune intelligence artificielle dans la création artistique du jeu. Toutes les illustrations sont réalisées par de vrais artistes, dans un style visuel qui lorgne vers un watercolor gritty parfaitement raccord avec l’esthétique de Night City.
C’est une promesse que les joueurs et collectionneurs TCG apprécient de plus en plus, dans un secteur où la tentation du prompt engineer bon marché se fait sentir. Pour Cyberpunk TCG, les premières cartes visibles donnent franchement envie : la direction artistique est cohérente, les illustrations sont denses et lisibles, et le rendu physique s’annonce soigné.
La carte Lucy Nova Rare : du fan service bien dosé
Pour les retardataires : depuis l’annonce de décembre 2025, WeirdCo propose une carte promotionnelle exclusive de Lucyna Kushinada (Lucy d’Edgerunners) en version Foil Nova Rare pour tous ceux qui suivent la page Kickstarter du projet et soutiennent la campagne avec le même email. La carte est gratuite avec tout pledge, mais ne sera pas réimprimée après la campagne. C’est du fan service efficace, ciblant exactement les personnes les plus susceptibles de soutenir le projet dès le premier jour.
Notre avis
Le Cyberpunk TCG ne ressemble pas à un projet bâclé pour surfer sur une licence populaire. WeirdCo a pris le temps de construire un système mécanique original, de s’appuyer sur les forces narratives et esthétiques de l’univers, et de se donner les moyens de penser à long terme. Le système de dés Gig est une vraie idée, le système de Légendes cachées apporte une tension permanente, et la direction artistique sans IA est une prise de position concrète.
Est-ce que ça suffira à s’imposer dans un marché aussi encombré ? Difficile à dire. La réponse de la communauté au Kickstarter lancé le 17 mars donnera un premier signal fort. Mais sur le papier, et visiblement aussi sur carton, ce TCG a tout pour devenir une vraie référence dans les années à venir.
Night City est impitoyable. Le marché TCG l’est tout autant. On verra lequel des deux aura le dernier mot.
Alors, allez-vous soutenir le Cyberpunk TCG sur Kickstarter ? Le système de dés Gig vous convainc, ou vous préférez attendre une sortie en boutique ? Dites-le nous en commentaire, et partagez l’article avec vos amis fans de Night City et de jeux de cartes !

