Dan Reynolds, le chanteur de l’un des groupes de rock les plus écoutés au monde, vient officiellement de lancer son premier jeu vidéo. Last Flag, développé par Night Street Games, le studio qu’il a co-fondé avec son frère Mac Reynolds, sera disponible dès le 14 avril 2026 sur PC via Steam et l’Epic Games Store. Et autant le dire clairement : non, ce n’est pas un projet marketing de rockstar qui s’ennuie entre deux tournées.
Un rêve de gosse qui a mis cinq ans à se concrétiser
Tout commence bien avant Imagine Dragons. Dan et Mac Reynolds ont grandi dans une grande famille de neuf enfants, et selon leurs propres mots, ils étaient tous « un peu geeks ». La programmation, la modélisation 3D, les jeux vidéo… les deux frères ont baigné dans tout ça bien avant que « Radioactive » ne leur offre une carrière mondiale. C’est en 2020 qu’ils fondent Night Street Games, un studio d’une trentaine de personnes, avec un seul objectif en tête : créer un vrai jeu de capture de drapeau.
« Ce n’est pas qu’un projet passion, cela fait maintenant plus de cinq ans qu’on y travaille », a déclaré Dan Reynolds lors d’une conférence de presse quelques semaines avant le lancement. Cette insistance à distinguer le projet d’une simple lubie de célébrité en dit long. Le risque de la condescendance du public est réel dès lors qu’une personnalité connue débarque dans une industrie aussi exigeante que celle du jeu vidéo. Et on a déjà vu des projets similaires s’effondrer sous le poids des attentes mal calibrées.
Mais le duo Reynolds n’a visiblement pas pris l’exercice à la légère.
Qu’est-ce que Last Flag, concrètement ?
Last Flag est un shooter en troisième personne, 5 contre 5, dont toute la conception est articulée autour d’un concept unique : la capture de drapeau. Pas de battle royale, pas de deathmatch, pas de modes annexes pour gonfler le contenu. Juste CTF, et rien d’autre.
Ce qui le distingue des innombrables modes capture de drapeau qu’on a pu voir dans des titres comme Halo ou Call of Duty, c’est la phase de dissimulation. En début de match, chaque équipe doit physiquement cacher son drapeau quelque part sur la map, dans un recoin stratégique de son choix. L’adversaire ne sait donc pas où se trouve l’objectif, et devra soit explorer le territoire ennemi, soit capturer des tours centrales sur la carte pour obtenir des indices sur l’emplacement du drapeau. C’est cette mécanique de cache-cache qui donne au jeu son identité propre, et qui s’inspire directement des parties improvisées dans les bois que les frères Reynolds organisaient enfant durant leur passage chez les scouts.
Les matchs sont courts, moins de 20 minutes, conçus pour des sessions intenses sans engagement de plusieurs heures. On pense forcément à l’influence de Team Fortress 2, de Halo et de League of Legends, des titres que les deux frères citent eux-mêmes comme références directes.
Le jeu propose 10 personnages jouables (9 annoncés initialement, le chiffre final étant de 10 selon les informations de lancement), chacun avec des capacités propres. Le design visuel, lui, est franchement original : tout le jeu s’habille d’une esthétique seventies assumée, celle des émissions de jeux télévisés américains de l’époque, colorée, psychédélique, avec des arènes extérieures qui ressemblent davantage à des plateaux de tournage bariolés qu’à des champs de bataille traditionnels. Mac Reynolds résume ça très bien : « On aime la personnalité des années 1970, son extravagance. Elle était massive. »
Dan Reynolds à la bande-son, et c’est soigné
Un détail qui mérite qu’on s’y arrête : Dan Reynolds a composé la bande-son du jeu, accompagné du producteur JT Daly et de Dave Lowmiller, qui a travaillé sur Battlefield et la série Dead Space. Les instruments utilisés sont des vrais instruments vintage des années 1970, ce qui ancre l’esthétique sonore dans quelque chose de cohérent avec la direction artistique générale.
Plus original encore : il y a une chanson dans Last Flag qui n’est accessible qu’aux joueurs qui perdent un match. Elle joue exclusivement sur l’écran de défaite. L’équipe de développement affirme que c’est peut-être la meilleure du jeu. Une façon de rendre la défaite moins amère, et de récompenser les joueurs même dans leurs moments les plus frustrants. C’est le genre d’attention au détail qui trahit une vraie réflexion sur le ressenti du joueur, pas juste sur les mécaniques.
Un modèle économique honnête dans un marché habitué à l’arnaque
Dans un paysage du jeu vidéo live-service où les passes de combat à 30 euros et les boutiques prédatrices sont devenues la norme, Last Flag prend le contre-pied. Le jeu est proposé à un prix d’achat unique, décrit comme « modique » par Night Street Games. Les mises à jour post-lancement, incluant de nouveaux personnages, de nouvelles cartes et des éléments cosmétiques, seront ajoutées gratuitement tout au long de l’année.
C’est exactement ce qu’on attendait de voir davantage dans ce genre. Concord a brulé 400 millions de dollars en quelques semaines en 2025 en faisant le contraire. Highguard a également sombré. Le marché des shooters multijoueurs est un cimetière pour les titres qui n’apportent rien de nouveau ou qui se montrent trop gourmands. Mac Reynolds l’a dit lui-même : « Un nouveau jeu peut vraiment s’imposer à condition de proposer quelque chose de différent. »
Les versions PlayStation 5 et Xbox Series X/S sont prévues pour plus tard dans l’année, mais aucune date précise n’a encore été communiquée.
Notre avis : un pari risqué mais sincère
Soyons honnêtes : la méfiance est de mise dès lors qu’une célébrité s’improvise développeur de jeux vidéo. L’histoire de l’industrie est jonchée de projets mal ficelés portés par des noms connus. Mais Last Flag ne ressemble pas à ça. Cinq ans de développement, un studio de trente personnes, un modèle économique respectueux du joueur, une direction artistique cohérente et une mécanique de jeu véritablement originale… Night Street Games n’a pas pris le chemin de la facilité.
Ce qui nous inquiète légèrement, c’est la longévité. Un jeu qui ne propose qu’un seul mode de jeu, aussi bien pensé soit-il, devra impérativement livrer une rétention communautaire solide pour survivre dans le temps. Les shooters compétitifs vivent ou meurent par leur base de joueurs actifs. La question n’est pas de savoir si Last Flag est bon à son lancement, mais s’il sera encore joué dans six mois.
Cela dit, on ne peut que saluer l’ambition et l’honnêteté de la démarche. Dans un genre où Arc Raiders vient lui aussi de faire parler de lui récemment, l’arrivée d’un jeu qui assume pleinement son identité originale est une bonne nouvelle pour tout le monde.
Et vous, est-ce que Last Flag vous tente ? Le concept de la capture de drapeau revisitée vous semble suffisamment fort pour vous convaincre, ou vous restez sceptique face à ce projet de rockstar ? Donnez-nous votre avis en commentaire, et partagez cet article autour de vous si le sujet vous a intéressé.

