Marathon est enfin disponible depuis le 5 mars 2026 sur PC, PS5 et Xbox Series X|S, et avec lui arrive son lot de questions sur la monétisation. Bungie vient de lever le voile sur le LUX, la monnaie premium du jeu, en précisant noir sur blanc ses usages et ses limitations. Le studio va jusqu’à promettre que l’argent réel ne procurera jamais aucun avantage compétitif. Belle déclaration d’intention, mais dans un genre aussi tendu que le jeu d’extraction, les joueurs ont appris à se méfier des belles promesses.
Qu’est-ce que le LUX, concrètement ?
Le LUX est la monnaie payante de Marathon, achetée exclusivement avec de l’argent réel, à la manière de l’Argent dans Destiny 2. Son utilisation est volontairement cloisonnée : il sert à acquérir des cosmétiques, certains lots premium et quelques éléments de commodité via la boutique du jeu.
Les tarifs au lancement sont les suivants, en dollars américains mais on peut s’attendre à la conversion habituelle de 1$ = 1€ :
- 500 LUX pour 4,99 $
- 1 100 LUX (dont 100 bonus) pour 9,99 $
- 2 250 LUX (dont 250 bonus) pour 19,99 $
- 3 950 LUX (dont 450 bonus) pour 34,99 $
- 5 750 LUX (dont 750 bonus) pour 49,99 $
- 12 000 LUX (dont 2 000 bonus) pour 99,99 $
Bungie a également précisé que le LUX est lié à la plateforme : si vous l’achetez sur Steam, il restera sur Steam. Impossible de le transférer sur PS5 ou Xbox, même si vous possédez le jeu sur plusieurs supports.
Ce que le LUX ne peut pas acheter
C’est là que réside l’argument principal de Bungie pour rassurer sa communauté. Le LUX n’a aucune emprise sur l’économie d’armes du jeu. Les Crédits, la monnaie gagnée en jouant, restent le seul moyen d’acquérir des armes, munitions, améliorations de faction et services des vendeurs. Ces Crédits ne peuvent pas être achetés avec de l’argent réel, ce qui maintient théoriquement un équilibre entre les joueurs, quelle que soit l’épaisseur de leur portefeuille.
Bungie a été clair dans ses déclarations officielles : la survie dans Marathon ne dépendra jamais de la somme d’argent dépensée, l’intégrité compétitive étant présentée comme une priorité absolue du studio.
Le Pass Saison, lui, est strictement cosmétique et coûte environ 10 dollars (9 euros). Bonne nouvelle supplémentaire : les passes de récompenses n’expireront pas, ce qui permettra aux joueurs d’acheter et de débloquer des passes antérieurs à tout moment.
La Soie, une deuxième monnaie premium à ne pas confondre
Attention, le LUX n’est pas la seule monnaie payante de Marathon. Il existe également la Soie, elle aussi achetée avec de l’argent réel, davantage orientée vers le Pass de récompenses et les personnalisations esthétiques saisonnières. La différence avec le LUX reste subtile mais réelle : la Soie cible la progression saisonnière, tandis que le LUX est destiné à la boutique cosmétique directe.
Lorsqu’une saison s’achève, la progression de gameplay est entièrement réinitialisée. Seuls les cosmétiques, les titres, certaines récompenses spécifiques, la progression dans les contrats intermédiaires et les informations de lore du Codex sont conservés d’une saison à l’autre. Autrement dit, ce pour quoi vous payez en LUX ou en Soie persistera dans le temps. Ce qui s’acquiert en jouant, lui, disparaîtra à chaque nouveau cycle de trois mois, un choix délibéré de Bungie pour maintenir la pression et renouveler en permanence la dynamique de jeu.
Un modèle sain sur le papier, mais des zones d’ombre subsistent
Il faut reconnaître à Bungie d’avoir au moins la cohérence de son positionnement. Les nouvelles cartes, les Runner shells, les événements et le reste du contenu de gameplay seront gratuits et accessibles pour tous les joueurs, sans DLC ni extension payante. C’est une différence notable avec Destiny 2 et sa longue liste d’extensions onéreuses.
Pour autant, certaines informations méritent qu’on y regarde de plus près : la progression des factions, les cores, les implants et les améliorations de niveau seraient également disponibles à l’achat séparément via des microtransactions. Ce dernier point mérite d’être surveillé de près. Tant que cela ne concerne que des accélérations cosmétiques ou de commodité, le modèle reste défendable. Si cela empiète sur la progression fonctionnelle, le discours de Bungie sera rapidement rattrapé par les faits.
La communauté est d’ailleurs partagée. Marathon doit en effet assumer à la fois un prix d’entrée de 40 euros et la présence de microtransactions post-lancement, une combinaison qui fait toujours grincer des dents dans le milieu du jeu de tir compétitif. On a tous en tête les dérives de certains live-service qui promettent la lune au lancement et finissent par brouiller la frontière entre cosmétiques et avantages compétitifs quelques mois plus tard.
La vraie question : Bungie tiendra-t-il parole dans la durée ?
Le studio de Seattle traverse une période délicate. Entre les vagues de licenciements successifs, les polémiques autour de Destiny 2, et le parcours heurté de Marathon avant son lancement, Bungie a absolument besoin que ce titre soit une réussite sur le long terme. Les chiffres de précommande sur Steam étaient encourageants, avec près de 250 000 copies vendues avant même la sortie officielle, mais le vrai test se jouera dans les semaines et mois à venir.
La promesse d’un modèle économique respectueux des joueurs est une excellente base. Mais dans un jeu d’extraction où chaque décision de game design peut altérer l’équilibre, la vigilance s’impose. La séparation stricte entre monnaie fonctionnelle et monnaie premium est une architecture saine, à condition que Bungie résiste aux sirènes de la monétisation agressive dès que les pressions financières se feront sentir.
Les fans de la saga originale des années 90, comme les nouveaux venus attirés par la direction artistique néon-futuriste, méritent un cadre économique qui ne se retourne pas contre eux. Pour l’heure, les intentions sont là. Reste à voir si elles survivront à l’épreuve du temps réel.
Vous avez déjà mis les mains sur Marathon et ses différentes monnaies ? Partagez vos impressions sur le modèle économique de Bungie en commentaire, et n’hésitez pas à diffuser cet article autour de vous si le sujet vous tient à coeur.

